Le monde du cacao entre dans une nouvelle ère, et c’est le Togo qui en montre le chemin. Lors de la récente Conférence des Nations Unies sur le Cacao qui s’est tenue au Palais des Nations à Genève, le Togo a marqué les esprits en devenant le tout premier pays à apposer sa signature sur le nouvel Accord International sur le Cacao (AIC 2026).
Une présence diplomatique de premier plan
Conduite par Enselme Gouthon, Secrétaire Général du Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC), la délégation togolaise a activement participé à ce rendez-vous crucial organisé par la CNUCED et le Conseil international du cacao (ICCO).
En signant cet accord avant même le Nicaragua et la Côte d’Ivoire, le Togo confirme son leadership et sa volonté de transformer durablement une filière vitale pour son économie. Ce geste fort a d’ailleurs été l’occasion pour M. Gouthon de saluer la vision diplomatique du Président Faure Essozimna Gnassingbé.
Pourquoi cet accord est-il historique ?
Contrairement aux textes précédents, l’AIC 2026 n’a pas de date d’expiration. Il est conclu pour une durée indéterminée, offrant ainsi une stabilité inédite au marché mondial. Mais au-delà de sa durée, c’est son contenu qui change la donne pour les pays producteurs.
L’accord introduit des innovations majeures centrées sur l’humain et l’environnement :
- Un revenu vital pour les planteurs : L’objectif prioritaire est de garantir que les producteurs de cacao puissent vivre dignement de leur travail.
- La transformation locale : L’accord encourage les pays producteurs à transformer eux-mêmes leurs fèves pour créer de la valeur ajoutée sur place, plutôt que de se contenter d’exporter la matière première brute.
- De nouveaux débouchés : Le cacao ne servira plus seulement à faire du chocolat. L’accent est mis sur son utilisation dans les industries cosmétique, pharmaceutique et agroalimentaire.
- Durabilité et éthique : Un nouvel article est entièrement dédié à la durabilité économique, sociale et environnementale, accompagné d’une définition plus précise du « cacao fin ».
- Investissements facilités : Le texte incite les pays membres à lever les barrières pour attirer de nouveaux investisseurs dans la filière.
Et maintenant ?
Si le Togo a ouvert la marche, le chemin continue. Pour que ce texte entre officiellement en vigueur le 1er octobre 2026, au moins deux États membres doivent déposer leurs instruments de ratification ou d’acceptation.
Au Togo, le mouvement est déjà lancé. Le CCFCC a entamé les démarches administratives nécessaires pour finaliser ce processus. En étant ainsi à l’avant-garde, le pays s’assure une place de choix dans la gouvernance mondiale du cacao, avec l’espoir d’une filière plus juste, plus verte et plus compétitive pour tous ses acteurs.





